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Les Associations de Jeunesse

Si tout cela est attrayant comme origines de nos marches, il ne faut pas oublier " les Associations de Jeunesse ".
" Sans recevoir d'institution canonique comme les confréries religieuses ni de lettres de privilèges de la magistrature locale ou du seigneur comme les serments ou les milices, la jeunesse formait dans nos communes une véritable association qui avait ses règles traditionnelles, des droits spéciaux, des obligations auxquelles nul ne pouvait moralement se soustraire " .
L'histoire de ces associations est encore moins bien connue que celle des milices rurales mais leur origine remonte plus haut qu'on ne serait tenté de le croire. Un " prince de la jeunesse " est déjà cité en 1454 à Mons.
Les renseignements les plus explicites nous viennent de Binche pour les 16 et 17èmes siècles :

  • La Jeunesse formait un groupe qu'accompagnaient des tambourineurs et que conduisaient des sergents.
  • La Jeunesse avait son capitaine et son " alfer " (porte-drapeau)
  • La jeunesse avait comme rôle spécial de rehausser l'éclat de la procession de la kermesse. Elle donnait son concours à d'autres cérémonies comme " conduire les reliques de saint Frédéric à l'église de Bonne-Espérance en 1616 etc…

 

Dès le 16ème siècle et peut-être même dès le 15ème siècle, suivant les endroits, la Jeunesse s'est constituée en une sorte de corporation encouragée par l'autorité communale et dont le rôle social fut de contribuer à l'organisation des solennités publiques, religieuses ou autres.
Au 17ème siècle, malgré de nombreuses années d'insécurité, dès que le danger est écarté, la vie normale reprend son cours et les cortèges processionnels sortent. Mais la discipline se relâche et petit à petit on constate plus de fantaisie dans le choix des déguisements cavaliers, hussards, grenadiers et dragons et même une compagnie d'hommes sauvages à Fosses en 1751.
Les serments ont été supprimés ou dissouts d'eux-mêmes, l'esprit des escortes traditionnelles s'est profondément altéré : la procession devient prétexte à l'amusement et l'on franchit allègrement les limites de la bienséance.
Les autorités réagissent et les interdictions se succèdent. C'est ainsi que beaucoup de coutumes vont disparaître pour toujours.
Quelques-unes survivront parfois après une longue éclipse mais nos marches ne s'éteindront jamais tout à fait malgré de graves difficultés.
Les compagnies de Jeunesse, non crées par acte de l'autorité civile, résistèrent mieux à la crise générale et conservent une liberté d'allure d'autant plus grande que l'on se reposait sur elles pour tout ce qui concernait l'organisation des fêtes locales.